# Rescue spray pour crise d’angoisse : avis et limites

Les crises d’angoisse touchent aujourd’hui près de 21% de la population française au cours de leur vie, selon les données de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Face à ces manifestations anxieuses parfois invalidantes, de nombreuses personnes se tournent vers des solutions naturelles avant d’envisager un traitement médicamenteux. Parmi ces alternatives, le Rescue spray, composé d’élixirs floraux de Bach, connaît un succès commercial grandissant depuis plusieurs décennies. Cette formulation promet un soulagement rapide des symptômes anxieux aigus grâce à un simple geste : quelques pulvérisations sous la langue. Mais que valent réellement ces préparations florales face à une véritable crise de panique ? Entre témoignages enthousiastes et études scientifiques contradictoires, il devient essentiel d’examiner objectivement l’efficacité, les limites et la place de ce produit dans la gestion des troubles anxieux.

Composition phytothérapique des rescue sprays : élixirs floraux de bach et actifs anxiolytiques

Le Rescue Remedy, décliné aujourd’hui en spray pour une utilisation pratique, repose sur une formulation mise au point dans les années 1930 par le Dr Edward Bach. Ce médecin britannique, initialement homéopathe et bactériologiste, développa une approche thérapeutique basée sur 38 essences florales censées agir sur différents états émotionnels. La composition du Rescue associe spécifiquement cinq de ces fleurs, sélectionnées pour leurs propriétés complémentaires face aux situations de stress aigu.

Fleurs de bach originales : rock rose, impatiens, clematis, star of bethlehem et cherry plum

Chaque fleur intégrée dans la formulation Rescue possède une indication émotionnelle précise selon la philosophie bachienne. Rock Rose (hélianthème) cible la terreur et la panique extrême, ces moments où la peur semble paralyser complètement. Impatiens (impatiente) s’adresse à l’agitation mentale et physique, cette tension nerveuse qui accompagne souvent l’anxiété. Clematis (clématite) vise la sensation d’absence, de déconnexion avec la réalité que certaines personnes ressentent lors d’un choc émotionnel intense.

Star of Bethlehem (étoile de Bethléem) constitue la fleur du traumatisme et du choc, qu’il soit récent ou ancien. Enfin, Cherry Plum (prunier myrobolan) s’adresse à la peur de perdre le contrôle de soi, cette angoisse de « craquer » ou de commettre des actes irréfléchis sous l’emprise de la panique. Cette synergie vise théoriquement à couvrir l’ensemble des manifestations émotionnelles d’une crise anxieuse aiguë, offrant ainsi une réponse globale plutôt que ciblée sur un symptôme isolé.

Mécanisme d’action présumé des essences florales sur le système nerveux autonome

Le Dr Bach postulait que ses élixirs floraux agissaient par « vibration énergétique » plutôt que par principe actif chimique. Selon sa théorie, l’information énergétique de la fleur, captée lors de la préparation par solarisation ou ébullition, serait transmise à l’eau puis conservée grâce à l’alcool. Cette empreinte vibratoire interagirait ensuite avec le champ énergétique de l’individu pour rééquilib

ait le système nerveux autonome en favorisant un retour à l’équilibre entre les branches sympathique (liée à la réaction de fuite ou de lutte) et parasympathique (repos, digestion, récupération).

D’un point de vue scientifique, aucun mécanisme biochimique précis n’a été formellement identifié pour expliquer l’action des fleurs de Bach sur la crise d’angoisse. Les dilutions sont telles qu’on ne retrouve quasiment plus aucune molécule active mesurable, ce qui rapproche cette approche de l’homéopathie. Certains auteurs avancent l’hypothèse d’un effet indirect via la réduction de la perception du stress, un peu comme un rituel rassurant qui envoie au cerveau le message que l’on se prend en charge. En pratique, beaucoup d’utilisateurs décrivent un apaisement subjectif, une sensation de « redescente » émotionnelle, même si l’on ne peut pas relier cela à une action pharmacologique démontrée.

On peut comparer ce fonctionnement présumé à celui d’une « musique de fond » émotionnelle : l’élixir ne supprimerait pas la crise de panique comme le ferait un anxiolytique puissant, mais viendrait adoucir le paysage intérieur, laissant plus de place aux ressources d’auto-régulation de l’organisme. Autrement dit, si vous êtes déjà engagé dans un travail sur la respiration, la pleine conscience ou la thérapie, le Rescue spray peut agir comme un soutien symbolique et émotionnel, plutôt qu’un traitement direct de l’attaque de panique.

Dosage en dilution CH et concentration en brandy dans les formulations commerciales

Les élixirs floraux d’origine sont préparés selon deux méthodes : la méthode par solarisation (exposition de la fleur dans de l’eau pure au soleil) et la méthode par ébullition. Le liquide ainsi obtenu est ensuite mélangé à parts égales avec de l’alcool de vin (brandy) pour obtenir une teinture mère. Cette dernière est ensuite diluée pour obtenir les flacons dits « stock », qui seront à leur tour utilisés dans la préparation des produits finis comme le Rescue spray.

Dans la plupart des produits commerciaux, la dilution finale des fleurs de Bach est voisine d’une échelle homéopathique basse (environ 5X à 7X, parfois indiquée en CH selon les fabricants), ce qui signifie que la concentration moléculaire est extrêmement faible. En revanche, la teneur en alcool reste notable : un Rescue spray classique titre généralement autour de 27 % de brandy. Chaque pulvérisation apporte donc une quantité non négligeable d’alcool, même si le volume unitaire reste très faible.

Ce taux d’alcool a deux fonctions principales : assurer la conservation du produit et stabiliser l’empreinte énergétique postulée des fleurs. Pour une personne en bonne santé, ces doses prises ponctuellement ne posent en général pas de problème majeur, mais elles doivent être prises en compte en cas de prise répétée, notamment chez les personnes sensibles, les enfants, les femmes enceintes ou encore les personnes avec antécédents d’addiction à l’alcool.

Comparaison entre rescue remedy original et alternatives sans alcool

Pour répondre aux préoccupations liées à la présence d’alcool, plusieurs laboratoires ont développé des versions de Rescue sans alcool, souvent à base de glycérine végétale ou d’eau purifiée comme support. Le principe reste le même : on dilue les 5 élixirs floraux dans un excipient, mais l’alcool est remplacé ou fortement réduit. Ces solutions sont particulièrement proposées pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou les personnes en sevrage alcoolique.

En termes d’efficacité perçue sur la crise d’angoisse, les retours d’expérience sont globalement similaires entre la formule originale et les alternatives sans alcool. Les utilisateurs décrivent le même type de ressenti : une sensation de calme progressif, parfois un meilleur contrôle de la respiration, ou une diminution de l’impression de « perdre pied ». Sur le plan de la conservation, les sprays sans alcool ont toutefois une durée de vie un peu plus courte et doivent souvent être consommés plus rapidement après ouverture.

Si vous hésitez entre Rescue spray alcoolisé et formule sans alcool, la décision se prend surtout en fonction de votre profil et de vos contraintes personnelles. En cas de grossesse, d’allaitement, d’antécédent d’alcoolodépendance ou lorsque le produit est destiné à un jeune enfant, les experts en phytothérapie et en bien-être naturel recommandent de privilégier les versions sans alcool ou fortement diluées dans de l’eau, afin de limiter au maximum l’exposition à l’éthanol.

Protocole d’utilisation en situation de crise anxieuse aiguë

Lors d’une crise d’angoisse, l’une des clés est d’avoir un protocole simple, clair, que vous pouvez appliquer automatiquement sans réfléchir. Le Rescue spray s’inscrit dans cette logique : son intérêt principal est la facilité d’emploi en situation de panique, où l’on n’a pas toujours la présence d’esprit de compter des gouttes ou de préparer un verre d’eau. Il peut donc faire partie d’une trousse « d’urgence émotionnelle », à condition de connaître sa posologie et ses limites.

Posologie recommandée : nombre de pulvérisations sublinguales et fréquence d’administration

La posologie généralement indiquée par les fabricants pour un adulte en situation de stress aigu est de 2 pulvérisations directement dans la bouche, idéalement sous la langue, dès l’apparition des premiers signes de crise (oppression thoracique, respiration courte, sensation de panique imminente). Cette prise peut être répétée toutes les 5 à 10 minutes si nécessaire, jusqu’à amélioration des symptômes, en restant dans la limite des recommandations inscrites sur l’étiquetage.

Pour les crises d’angoisse très intenses, certains praticiens en fleurs de Bach conseillent de fractionner davantage : 1 pulvérisation très fréquente (toutes les 2 à 3 minutes) dans les premières minutes, associée à des exercices de respiration profonde. Une fois que le pic d’angoisse commence à décroître, vous pouvez espacer progressivement les prises. L’idée n’est pas de multiplier les pulvérisations sans réfléchir, mais d’accompagner une démarche globale de recentrage (respiration, ancrage sensoriel, techniques de « halte tête-corps-cœur », etc.).

Chez l’enfant, la dose est généralement réduite (1 pulvérisation à la fois, à renouveler si besoin) et il est souvent recommandé de pulvériser dans un verre d’eau ou sur un support neutre (cuillère, morceau de sucre) afin de limiter la sensation d’alcool en bouche lorsque l’on utilise la version classique. Dans tous les cas, il est important de respecter les indications du fabricant et, en cas de doute, de demander conseil à un professionnel de santé.

Délai d’action attendu et durée de l’effet anxiolytique rapporté

Les utilisateurs du Rescue spray décrivent le plus souvent un début d’effet ressenti entre 5 et 15 minutes après la première prise, avec parfois un sentiment de soulagement plus rapide lorsqu’il est associé à une technique respiratoire ou de relaxation. Il ne s’agit pas d’un « coup de massue » anxiolytique comme avec certains médicaments, mais d’une impression d’être progressivement moins envahi par la peur, de mieux supporter les sensations physiques de la crise de panique.

La durée de l’effet apaisant rapporté est variable : chez certaines personnes, quelques pulvérisations suffisent pour accompagner tout le pic anxieux (souvent 20 à 30 minutes), alors que d’autres auront besoin de renouveler la prise ponctuellement dans l’heure qui suit. On peut comparer cela au fait de tenir la main de quelqu’un pendant un moment difficile : tant que la main est là, le sentiment de sécurité est renforcé, mais il reste dépendant de la situation globale et de vos ressources internes.

Il est important de garder en tête que le Rescue spray ne traite pas la cause de l’angoisse ni un trouble anxieux de fond. Son rôle est plutôt de vous aider à passer un cap, à traverser un épisode aigu avec un peu plus de douceur. Si vous constatez que vous en avez besoin très souvent pour des attaques de panique répétées, cela doit être un signal d’alarme pour consulter un professionnel plutôt qu’un encouragement à multiplier les pulvérisations.

Contre-indications chez les personnes alcoolodépendantes et femmes enceintes

La présence de brandy à environ 27 % dans la plupart des Rescue sprays classiques implique une vigilance particulière chez certaines populations. Pour les personnes ayant des antécédents d’alcoolodépendance, même une petite quantité d’alcool, répétée régulièrement, peut être problématique sur le plan psychologique et déclencher des envies. Il est donc fortement recommandé d’éviter les formulations alcoolisées dans ce contexte et de privilégier les versions sans alcool, ou de discuter au préalable avec un addictologue ou un médecin.

Chez la femme enceinte ou allaitante, les recommandations varient selon les pays et les professionnels. Les quantités d’alcool par pulvérisation sont très faibles, mais répétées, elles participent à l’exposition globale. De nombreux praticiens de santé naturelle conseillent donc d’opter systématiquement pour des Rescue sans alcool pendant la grossesse et l’allaitement, ou de réserver l’utilisation à des situations vraiment exceptionnelles, après avis médical. Là encore, le bénéfice attendu doit être mis en balance avec les alternatives non pharmacologiques disponibles (respiration, TCC, sophrologie, etc.).

Enfin, chez les jeunes enfants et les nourrissons, l’usage d’un produit alcoolisé par voie orale est déconseillé, même à faible dose. Des formulations pédiatriques spécifiques existent sur le marché (gouttes ou sprays sans alcool) et doivent être préférées. En cas de crise d’angoisse intense chez un enfant, il est de toute façon indispensable de consulter pour évaluer la situation globale et exclure une cause médicale sous-jacente.

Interactions médicamenteuses avec benzodiazépines et ISRS

D’un point de vue pharmacologique, les fleurs de Bach elles-mêmes ne sont pas connues pour interagir directement avec les benzodiazépines (anxiolytiques comme le diazépam, l’alprazolam, etc.) ou les antidépresseurs de type ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine). Les études disponibles n’ont pas mis en évidence d’interaction métabolique majeure, et les autorités sanitaires considèrent généralement ces élixirs floraux comme compatibles avec la plupart des traitements de fond de l’anxiété et de la dépression.

Deux points de vigilance subsistent toutefois. D’une part, la teneur en alcool peut potentialiser très légèrement la somnolence provoquée par certains médicaments sédatifs, surtout si les pulvérisations sont répétées. D’autre part, le risque principal est surtout comportemental : se reposer trop sur le Rescue spray peut conduire certains patients à négliger leur traitement prescrit ou leur suivi psychothérapeutique, en espérant gérer seul des crises de panique sévères.

En pratique, si vous êtes déjà sous benzodiazépines ou ISRS, il est préférable d’informer votre médecin de l’usage régulier du Rescue spray, même s’il est considéré comme un produit naturel. Cela permet de clarifier la place de chaque outil dans votre prise en charge, d’éviter les doubles emplois inutiles et de vérifier que vos attentes restent réalistes par rapport aux capacités réelles du spray sur les attaques de panique.

Analyse des études cliniques et méta-analyses sur l’efficacité anti-anxiété

Au-delà des témoignages et des ressentis individuels, la question clé reste : qu’en disent les études cliniques sur le Rescue et les fleurs de Bach en général pour l’anxiété et le stress ? Depuis une vingtaine d’années, plusieurs travaux ont tenté d’évaluer ces élixirs floraux avec la même rigueur que les médicaments classiques, en utilisant des essais randomisés en double aveugle contre placebo. Les résultats, cependant, sont loin d’être unanimes.

Essais randomisés en double aveugle versus placebo publiés dans PubMed

Quelques essais cliniques de petite taille ont été menés sur des populations spécifiques : étudiants en période d’examens, personnes exposées à un stress ponctuel (prise de parole en public, interventions médicales mineures), ou patients présentant un trouble anxieux léger à modéré. Le protocole est généralement le suivant : un groupe reçoit un élixir floral de Bach (parfois le Rescue, parfois une autre combinaison), tandis qu’un autre groupe reçoit une solution placebo, le tout en double aveugle.

La plupart de ces études retrouvent une diminution du niveau d’anxiété ressenti dans les deux groupes, mesuré par des échelles standardisées (comme l’échelle STAI – State-Trait Anxiety Inventory). Cependant, la différence entre le groupe « fleurs de Bach » et le groupe placebo est souvent faible, voire non significative sur le plan statistique. En d’autres termes, le simple fait de recevoir un produit présenté comme apaisant, d’avoir un rituel de prise et de se sentir pris en charge contribue déjà fortement à réduire l’angoisse.

Quelques travaux isolés rapportent néanmoins un léger avantage en faveur des essences florales dans certaines situations de stress ponctuel, mais ces résultats restent difficiles à généraliser à la crise de panique sévère. Les échantillons sont petits, la méthodologie parfois hétérogène, et l’on manque d’études de grande ampleur spécifiquement dédiées aux attaques d’angoisse aiguës. À ce jour, aucune revue systématique de haute qualité n’a pu conclure à une efficacité robuste et reproductible des fleurs de Bach au-delà de l’effet placebo.

Résultats contradictoires des recherches de l’université d’exeter sur les fleurs de bach

Les travaux menés par l’équipe du Pr Edzard Ernst, à l’université d’Exeter, sont parmi les plus souvent cités lorsqu’il s’agit d’évaluer scientifiquement les thérapies complémentaires. Cette équipe a notamment passé en revue plusieurs études cliniques sur les fleurs de Bach, dont certaines portaient sur l’anxiété et le stress émotionnel. Leur conclusion globale est prudente : les preuves disponibles sont limitées et ne permettent pas d’affirmer une efficacité spécifique supérieure au placebo.

Dans certaines publications, les chercheurs soulignent que les élixirs floraux semblent bien tolérés et que de nombreux patients rapportent un bénéfice subjectif, mais ils insistent sur l’absence de mécanisme d’action plausible et sur la qualité méthodologique parfois médiocre des essais. D’autres études, moins strictes sur le plan scientifique, suggèrent au contraire un effet positif des fleurs de Bach, mais elles restent insuffisantes pour modifier les recommandations officielles en matière de prise en charge des troubles anxieux.

En résumé, du point de vue de la médecine fondée sur les preuves, le Rescue spray ne peut pas être considéré aujourd’hui comme un traitement anxiolytique validé. Cela ne signifie pas qu’il soit inutile pour tout le monde, mais plutôt que son éventuel bénéfice relève davantage du soutien émotionnel et de l’effet placebo que d’une action pharmacologique démontrée sur la crise de panique.

Effet placebo documenté et influence de la suggestion thérapeutique

L’effet placebo est parfois perçu comme quelque chose de « faux », alors qu’il s’agit en réalité d’un mécanisme puissant de l’organisme, capable de moduler la douleur, l’anxiété et d’autres symptômes en fonction du contexte, des attentes et de la relation thérapeutique. Dans le cas du Rescue spray, tout concourt à renforcer cet effet : présentation rassurante, geste concret (pulvériser sous la langue), promesse de soulagement rapide, recommandations d’amis ou de professionnels.

Lorsqu’une personne en crise d’angoisse croit fermement que le spray va l’aider, son cerveau peut enclencher des réponses neurobiologiques réelles : baisse de l’activité de certaines zones liées à la peur, modification de la fréquence cardiaque ou de la respiration, sensation de reprendre la main sur la situation. C’est un peu comme lorsque l’on tient un « doudou » sécurisant dans un moment de peur : l’objet en lui-même n’a pas de pouvoir magique, mais il sert de catalyseur à nos ressources d’auto-apaisement.

La suggestion thérapeutique joue donc un rôle central. Si votre thérapeute, votre naturopathe ou votre pharmacien vous présente le Rescue spray comme un outil complémentaire, intégré dans une stratégie globale (TCC, hygiène de vie, gestion du stress), il peut devenir un support intéressant. En revanche, s’il est vendu comme une solution miracle contre les attaques de panique sévères, le risque de déception – et de retard de prise en charge adaptée – est bien réel.

Témoignages d’utilisateurs et retours d’expérience sur les crises de panique

Sur les forums, réseaux sociaux et blogs dédiés au bien-être naturel, les témoignages autour du Rescue spray pour crise d’angoisse sont nombreux et souvent contrastés. Certains utilisateurs parlent d’un « indispensable » qu’ils gardent toujours dans leur sac ou sur leur table de nuit, affirmant qu’il les a aidés à traverser des moments intenses : accident, deuil, séparation, examens, prise de parole en public. Ils décrivent un apaisement rapide, une sensation de retrouver un peu de distance par rapport à la peur.

D’autres au contraire ne constatent aucun effet notable, voire expriment une certaine frustration d’avoir misé sur un produit présenté comme très efficace. Chez ces personnes, la crise d’angoisse reste aussi violente, avec tachycardie, vertiges, sensation d’étouffement, malgré les pulvérisations répétées. Cela rappelle à quel point la réponse à ce type de remède est individuelle, et dépend aussi du contexte, de la gravité du trouble anxieux et des attentes initiales.

Un point revient souvent dans les retours d’expérience positifs : le Rescue spray semble particulièrement apprécié pour les attaques de panique naissantes, lorsque l’on sent la crise « monter » mais qu’elle n’a pas encore atteint son paroxysme. Beaucoup de personnes rapportent alors que le simple fait de sortir le flacon, de se concentrer sur le geste, d’accompagner la prise par quelques respirations profondes, suffit parfois à éviter l’escalade vers une crise complète. Dans ce cadre, on peut le voir comme un « interrupteur » symbolique, qui aide à enclencher une réponse de calme plutôt que de panique.

À l’inverse, pour des attaques de panique très intenses ou répétées, la majorité des témoignages convergent vers l’idée que le Rescue spray ne peut pas se substituer à une prise en charge psychothérapeutique ou médicale. Plusieurs personnes expliquent avoir d’abord tout misé sur les fleurs de Bach, avant de réaliser qu’elles avaient besoin d’un accompagnement plus structuré (TCC, EMDR, médicaments ponctuels ou de fond) pour réellement reprendre le contrôle de leur anxiété.

Limites thérapeutiques face aux troubles anxieux généralisés et attaques de panique sévères

Le trouble anxieux généralisé (TAG) et le trouble panique avec ou sans agoraphobie sont des pathologies reconnues, qui impliquent des mécanismes neurobiologiques et psychologiques complexes. Les recommandations internationales (HAS, OMS, NICE) insistent sur la nécessité d’une prise en charge structurée, associant souvent psychothérapie (notamment TCC) et, si besoin, traitement médicamenteux. Dans ce contexte, le Rescue spray ne peut constituer qu’un appoint, et non un traitement de fond.

Pour un TAG, caractérisé par une anxiété diffuse, quasi permanente, et des ruminations incessantes, les pulvérisations ponctuelles de Rescue n’auront qu’un impact très limité. Elles ne modifient ni les schémas de pensée anxieux, ni les comportements d’évitement, ni les facteurs de maintien du trouble. Au mieux, elles apportent un réconfort transitoire dans certaines situations, mais ne changent pas l’architecture de l’anxiété. S’en remettre uniquement à ce type de produit, c’est un peu comme essayer de réparer une fissure structurelle dans une maison avec un simple coup de peinture.

Dans le cas d’attaques de panique sévères, répétées, parfois associées à une peur intense de sortir de chez soi (agoraphobie), les limites sont encore plus marquées. Un Rescue spray peut accompagner ponctuellement, mais il ne remplace pas les stratégies validées : exposition graduée, restructuration cognitive, apprentissage de techniques de respiration spécifiques, voire utilisation transitoire de benzodiazépines ou d’ISRS sous contrôle médical. Ignorer ces approches au profit d’un remède floral, c’est prendre le risque de voir l’angoisse s’installer durablement.

Par ailleurs, la banalisation de produits comme le Rescue peut parfois conduire l’entourage à minimiser la souffrance de la personne anxieuse : « Prends ton spray, ça ira mieux ». Or une crise de panique sévère est une expérience extrêmement éprouvante, avec un vécu de danger de mort imminent. L’écoute, la validation de ce que la personne traverse et l’orientation vers des ressources adaptées restent fondamentales, bien au-delà d’un simple produit naturel.

Alternatives médicamenteuses et thérapeutiques validées scientifiquement : TCC et traitements pharmacologiques

Face à des crises d’angoisse récurrentes ou à un trouble anxieux généralisé, les recommandations actuelles placent en première ligne les thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Cette approche, structurée et brève, vise à identifier et modifier les pensées automatiques anxieuses, les croyances sous-jacentes (« je vais mourir si je fais une crise ») et les comportements d’évitement qui entretiennent la peur. De nombreux essais contrôlés ont démontré l’efficacité des TCC pour réduire la fréquence et l’intensité des attaques de panique, ainsi que l’anxiété anticipatoire.

Les TCC incluent souvent des exercices pratiques : exposition progressive aux situations redoutées, apprentissage de techniques respiratoires (cohérence cardiaque, respiration abdominale), relaxation musculaire, pleine conscience. À la différence du Rescue spray, qui agit ponctuellement et principalement sur le ressenti, ces outils visent à transformer en profondeur la manière dont vous réagissez au stress et aux sensations corporelles. Ils vous redonnent un sentiment de compétence et d’autonomie face à l’angoisse.

Sur le plan pharmacologique, les ISRS (comme la sertraline, l’escitalopram, la paroxétine) sont aujourd’hui les médicaments de référence pour le traitement de fond des troubles anxieux, avec un niveau de preuve élevé. Ils agissent sur la neurotransmission sérotoninergique et permettent, chez de nombreux patients, de diminuer durablement le niveau d’anxiété de base et la fréquence des crises de panique. Les benzodiazépines, quant à elles, peuvent être utilisées à très court terme pour gérer des épisodes aigus, mais leur potentiel de dépendance impose une grande prudence.

Enfin, d’autres approches complémentaires, mieux documentées scientifiquement que les seules fleurs de Bach, peuvent être intégrées : activité physique régulière, méditation de pleine conscience, programmes de gestion du stress, sophrologie, hypnose médicale. Là encore, le Rescue spray peut trouver sa place comme petit plus dans une boîte à outils plus large, mais il ne doit pas être votre seul rempart contre l’angoisse. Si vous vous reconnaissez dans les descriptions de troubles anxieux sévères, le pas le plus important reste de demander de l’aide à un professionnel : médecin généraliste, psychiatre, psychologue formé aux TCC.