Le traitement des troubles anxieux et dépressifs représente un enjeu majeur de santé publique, touchant près de 20% de la population française au cours de leur vie. Parmi les antidépresseurs de nouvelle génération, l’escitalopram commercialisé sous le nom de Seroplex se distingue par son profil pharmacologique particulièrement affiné. Le dosage de 5 mg constitue souvent le point d’entrée thérapeutique, permettant d’initier un traitement avec une tolérance optimale. Cette posologie initiale soulève néanmoins de nombreuses interrogations chez les patients et les prescripteurs : quelle est réellement son efficacité ? Comment gérer la période de démarrage ? Quand et comment ajuster la dose ? Ces questions méritent une analyse approfondie basée sur les données cliniques et l’expérience pratique accumulée depuis plus de vingt ans d’utilisation de cette molécule.

Seroplex 5 mg : composition et mécanisme d’action de l’escitalopram

Structure moléculaire de l’escitalopram et différence avec le citalopram racémique

L’escitalopram représente une avancée pharmacologique notable dans la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Il s’agit en réalité de l’énantiomère S du citalopram, isolé après la découverte que seule cette forme possédait l’activité thérapeutique. Cette purification moléculaire confère à l’escitalopram une affinité pour le transporteur de la sérotonine environ 100 fois supérieure à celle de son énantiomère R. Cette sélectivité stéréochimique explique pourquoi des doses plus faibles d’escitalopram peuvent produire des effets thérapeutiques équivalents à des doses plus élevées de citalopram racémique.

La molécule d’escitalopram se présente sous forme d’oxalate, garantissant une stabilité optimale et une solubilité adéquate. Chaque comprimé de 5 mg contient précisément 6,39 mg d’oxalate d’escitalopram, correspondant à 5 mg d’escitalopram base. Cette formulation galénique assure une libération régulière et complète du principe actif au niveau intestinal. Les excipients incluent notamment de la cellulose microcristalline silicifiée, du talc et du croscarmellose sodique dans le noyau, tandis que le pelliculage contient de l’hypromellose et du dioxyde de titane conférant au comprimé sa couleur blanche caractéristique.

Inhibition sélective de la recapture de la sérotonine au niveau synaptique

Le mécanisme d’action de l’escitalopram repose sur une inhibition hautement sélective du transporteur de la sérotonine (SERT) situé sur la membrane présynaptique des neurones sérotoninergiques. Cette inhibition empêche la recapture de la sérotonine libérée dans la fente synaptique, augmentant ainsi sa concentration et prolongeant son action sur les récepteurs postsynaptiques. Contrairement aux antidépresseurs tricycliques, l’escitalopram n’affecte pratiquement pas les systèmes noradrénergique, dopaminergique, histaminergique ou cholinergique, expliquant son profil d’effets indésirables plus favorable.

Des études de liaison radioactive ont démontré que l’escitalopram présente une constante d’inhibition (Ki) de 0,8-1,1 nM pour le transporteur de la sérotonine, soit la plus élevée parmi tous les ISRS disponibles.

Cette forte affinité s’accompagne d’une liaison dite « allostérique » sur un deuxième site du transporteur de la sérotonine, ce qui potentialise encore l’inhibition de recapture. Concrètement, à dose équivalente, l’escitalopram occupe plus durablement les transporteurs SERT que les autres ISRS, ce qui explique pourquoi une dose de 5 mg peut déjà exercer un effet mesurable chez certains patients, en particulier dans les tableaux d’anxiété légère à modérée.

Biodisponibilité orale et métabolisme hépatique par les cytochromes CYP2C19 et CYP3A4

Après administration orale, la biodisponibilité de l’escitalopram est d’environ 80 %, ce qui signifie que la grande majorité de la dose ingérée atteint la circulation systémique. Le Seroplex 5 mg est rapidement absorbé au niveau intestinal, avec un pic de concentration plasmatique généralement atteint entre 3 et 5 heures après la prise. La présence ou non d’aliments modifie peu cette cinétique, ce qui permet de le prendre indifféremment au cours ou en dehors des repas, à condition de rester régulier dans les horaires.

Le métabolisme de l’escitalopram est essentiellement hépatique et fait intervenir plusieurs isoenzymes du cytochrome P450, en particulier CYP2C19, puis CYP3A4 et, dans une moindre mesure, CYP2D6. Cette voie métabolique aboutit à des métabolites déméthylé et didéméthylé, actifs mais moins puissants que la molécule mère. D’un point de vue pratique, cela signifie que :

  • les variations génétiques de CYP2C19 (métaboliseurs lents ou rapides) peuvent modifier sensiblement l’exposition au médicament ;
  • les interactions avec certains inhibiteurs enzymatiques (oméprazole, fluvoxamine, fluconazole, etc.) peuvent augmenter les concentrations d’escitalopram et donc le risque d’effets indésirables, même à 5 mg ;

Chez les patients ayant une insuffisance hépatique légère à modérée, une réduction de la dose et une titration plus lente sont recommandées, car la clairance de l’escitalopram est diminuée. Dans ce contexte, le Seroplex 5 mg est souvent utilisé comme dose maximale ou comme palier stable à ne pas dépasser sans avis spécialisé.

Demi-vie plasmatique et concentration plasmatique à l’état d’équilibre

La demi-vie plasmatique moyenne de l’escitalopram est d’environ 27 à 32 heures chez l’adulte sain. En pratique, cela implique que la molécule se prête bien à une prise unique quotidienne, avec des fluctuations limitées des concentrations sanguines entre deux prises. L’état d’équilibre (steady state), c’est-à-dire le moment où la quantité de médicament absorbée chaque jour est égale à la quantité éliminée, est généralement atteint au bout d’une semaine environ.

À la posologie de 5 mg, les concentrations à l’état d’équilibre restent nettement inférieures à celles observées à 10 ou 20 mg, ce qui réduit la probabilité d’effets dose-dépendants tels que l’allongement de l’intervalle QT ou certains troubles digestifs marqués. Cependant, même à ce faible dosage, on observe déjà une occupation significative des transporteurs de la sérotonine, en particulier chez les sujets sensibles ou de faible poids. C’est pourquoi de nombreux psychiatres recommandent d’initier le traitement à 5 mg, notamment chez les patients anxieux, âgés ou présentant des comorbidités somatiques.

Avis patients et résultats cliniques du seroplex à faible dosage

Efficacité du 5 mg dans le trouble anxieux généralisé et l’anxiété légère à modérée

Dans les essais cliniques pivotaux, le Seroplex a le plus souvent été évalué à des doses de 10 à 20 mg pour le trouble anxieux généralisé (TAG) et les épisodes dépressifs majeurs. Néanmoins, l’expérience de terrain et plusieurs études ouvertes suggèrent que la dose de 5 mg peut déjà apporter un bénéfice clinique chez une proportion non négligeable de patients présentant une anxiété légère à modérée, des attaques de panique épisodiques ou un terrain anxiodépressif débutant.

Les témoignages de patients confirment cette observation : nombre d’entre eux rapportent une diminution progressive de la « boule au ventre », des ruminations et de l’hypervigilance après 2 à 3 semaines à 5 mg, sans pour autant ressentir de sédation importante. Chez des patients très sensibles aux psychotropes, débuter à 5 mg permet souvent de limiter les effets paradoxaux d’aggravation de l’angoisse observés les premiers jours à 10 mg. On peut ainsi considérer le Seroplex 5 mg comme une « rampe d’accès » particulièrement utile dans le TAG et l’anxiété généralisée, surtout lorsqu’on vise une augmentation secondaire vers 10 mg.

Taux de réponse thérapeutique selon l’échelle HAM-A et HAM-D

Les échelles HAM-A (Hamilton Anxiety Rating Scale) et HAM-D (Hamilton Depression Rating Scale) sont les outils de référence dans les études cliniques pour évaluer la sévérité des symptômes anxieux et dépressifs. Si peu d’essais contrôlés ont spécifiquement ciblé le Seroplex 5 mg comme dose unique, les analyses post hoc montrent qu’une sous-population de patients dits « bons répondeurs précoces » obtient déjà une réduction significative de leur score HAM-A avec 5 mg quotidiens.

Dans certaines cohortes, on observe par exemple une diminution de 25 à 30 % du score HAM-A dès la 4e semaine chez des patients sous 5 mg, particulièrement lorsque l’anxiété de base est légère à modérée. En pratique clinique, les psychiatres s’appuient souvent sur ces échelles ou sur leurs équivalents simplifiés pour objectiver la réponse :

– une baisse d’au moins 50 % du score HAM-A ou HAM-D est généralement considérée comme une réponse ;– une normalisation quasi complète du score (ou un score < 7 pour HAM-A) correspond à une rémission.

À 5 mg, on atteint plus fréquemment une amélioration partielle (réponse partielle), ce qui est parfois suffisant si l’objectif thérapeutique est la réduction d’une anxiété invalidante mais non sévère. Dans les tableaux plus marqués, 5 mg constitue surtout un palier d’initiation avant titration à 10 mg, voire 15 mg.

Profil de tolérance et effets indésirables fréquents en début de traitement

Le profil de tolérance du Seroplex 5 mg est globalement favorable, mais les patients décrivent très régulièrement une « phase de rodage » les 10 à 15 premiers jours. Les effets indésirables les plus souvent rapportés à ce dosage sont :

  1. des nausées, parfois associées à une perte d’appétit ou à un changement de goût de la salive ;
  2. des troubles du sommeil (insomnie d’endormissement, réveils précoces, rêves intenses) ou, plus rarement, une somnolence diurne ;

On retrouve également des céphalées, une sensation de tête « cotonneuse », une légère augmentation de l’anxiété, des sueurs, ainsi qu’une fatigue inhabituelle. La bonne nouvelle, c’est que ces manifestations sont le plus souvent transitoires : elles tendent à diminuer spontanément au bout de 2 à 3 semaines, parallèlement à l’installation de l’effet thérapeutique. De nombreux patients témoignent d’un « cap » à franchir autour de la deuxième semaine, au-delà duquel ils commencent à ressentir un apaisement plus durable.

Il est crucial de rappeler aux patients que ces effets désagréables ne sont pas synonymes de « mauvaise réaction » dans la majorité des cas, mais plutôt le reflet des ajustements neurobiologiques induits par l’augmentation progressive de la sérotonine synaptique. Un accompagnement rapproché (visite ou téléconsultation) durant les premières semaines peut faire une grande différence en termes d’observance.

Comparaison avec les benzodiazépines et autres ISRS à posologie initiale

En comparaison avec les benzodiazépines (alprazolam, bromazépam, prazépam, etc.), le Seroplex 5 mg présente un profil d’action plus lent mais aussi plus durable et plus global sur l’anxiété de fond. Les benzodiazépines agissent comme des « coupe-feu » en crise, mais n’ont pas d’effet antidépresseur et exposent au risque de dépendance lorsqu’elles sont prises au long cours. L’escitalopram, lui, ne crée pas de dépendance pharmacologique au sens classique, même s’il peut entraîner un syndrome de sevrage en cas d’arrêt brutal.

Par rapport aux autres ISRS (sertraline, paroxétine, fluoxétine, citalopram), le Seroplex à 5 mg est souvent mieux toléré en début de traitement chez les sujets sensibles, grâce à sa puissance élevée permettant de débuter à une dose faible. Certains ISRS nécessitent d’emblée 25 à 50 mg pour atteindre un effet significatif, ce qui augmente le risque de majoration initiale de l’angoisse. À l’inverse, débuter à 5 mg de Seroplex offre une marge de manœuvre : on peut maintenir cette dose chez les bons répondeurs, ou l’augmenter progressivement chez les autres, sans changement brutal de charge sérotoninergique.

Protocole de démarrage du traitement par seroplex 5 mg

Évaluation psychiatrique préalable et contre-indications absolues

Avant de prescrire Seroplex 5 mg, une évaluation psychiatrique rigoureuse est indispensable. Elle vise à confirmer le diagnostic (trouble anxieux généralisé, épisode dépressif, trouble panique, TOC, etc.), à évaluer la sévérité des symptômes, à rechercher d’éventuels troubles bipolaires non diagnostiqués, ainsi que des idées suicidaires. Cette étape permet également de vérifier l’absence de contre-indications absolues, qu’elles soient psychiatriques ou somatiques.

Parmi ces contre-indications, on retrouve notamment :

– l’association avec des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO) non sélectifs ou réversibles (moclobémide, linézolide), en raison du risque de syndrome sérotoninergique ;– l’allongement congénital ou acquis de l’intervalle QT et les troubles du rythme ventriculaire connus ;– une hypersensibilité connue à l’escitalopram ou à l’un des excipients.

Une attention particulière est requise en cas d’antécédents d’épisodes maniaques ou hypomaniaques, d’épilepsie non contrôlée, de maladie hépatique sévère, de glaucome à angle fermé ou de déséquilibre hydro-électrolytique (notamment hypokaliémie et hypomagnésémie). Dans ces situations, Seroplex 5 mg n’est pas systématiquement contre-indiqué, mais la décision thérapeutique doit être individualisée et accompagnée d’une surveillance renforcée.

Posologie initiale recommandée selon l’AMM et les guidelines CANMAT

Selon l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), la posologie usuelle de l’escitalopram dans les épisodes dépressifs majeurs et le TAG est de 10 mg par jour, avec une possibilité d’augmentation jusqu’à 20 mg. Toutefois, l’AMM prévoit explicitement l’utilisation de 5 mg comme dose initiale dans certaines indications, notamment le trouble panique et chez les personnes âgées. Cette flexibilité est largement exploitée dans la pratique clinique.

Les recommandations internationales, comme celles des guidelines CANMAT (Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments), soulignent l’intérêt de débuter à dose plus faible chez les patients anxieux, fragiles ou polymédiqués, afin de limiter les effets indésirables initiaux et d’améliorer l’adhésion. Dans ce cadre, un schéma fréquent consiste à :

– initier à 5 mg par jour pendant 7 à 14 jours ;– réévaluer les symptômes, la tolérance et l’acceptation du traitement ;– envisager une augmentation à 10 mg si l’amélioration reste insuffisante et si la tolérance est jugée bonne.

Cette stratégie « start low, go slow » est particulièrement adaptée en médecine générale, où les patients sont souvent réticents à l’idée d’un antidépresseur et très sensibles au moindre effet indésirable.

Gestion des effets secondaires transitoires durant les deux premières semaines

La gestion de la phase initiale est cruciale pour éviter l’abandon prématuré du traitement. Les deux premières semaines sont souvent les plus difficiles, avec l’apparition d’effets secondaires transitoires comme les nausées, la majoration de l’angoisse, les troubles du sommeil ou la fatigue. Comment les atténuer sans compromettre l’efficacité ?

Plusieurs mesures simples peuvent être proposées :

– prendre Seroplex 5 mg à heure fixe, plutôt le matin si l’on constate une insomnie, ou le soir si la molécule induit une somnolence ;– fractionner les repas et privilégier une alimentation légère en cas de nausées ;– éviter l’alcool et limiter la caféine, qui peuvent majorer l’anxiété et perturber le sommeil.

Dans certains cas, le médecin ajoute temporairement une benzodiazépine à faible dose (alprazolam, prazépam, oxazépam) pour contenir les pics d’angoisse pendant que l’escitalopram commence à agir. Cette association doit toutefois rester limitée dans le temps (quelques semaines au maximum), avec un plan de sevrage clair pour éviter le risque de dépendance aux benzodiazépines.

Délai d’action thérapeutique et période de latence neuroadaptative

De nombreux patients s’interrogent : « Au bout de combien de temps le Seroplex 5 mg va-t-il faire effet ? ». Sur le plan neurobiologique, l’augmentation de la sérotonine synaptique est rapide, mais la traduction clinique (diminution de l’anxiété, amélioration de l’humeur) nécessite un temps d’adaptation du cerveau. On parle de période de latence neuroadaptative, pendant laquelle s’opèrent des modifications des récepteurs, des circuits neuronaux et de l’expression de certains gènes.

En pratique, on observe souvent :

– les premiers signaux positifs (moins d’attaques de panique, sommeil un peu plus stable) entre la 2e et la 3e semaine ;– une amélioration plus nette et plus stable entre la 4e et la 6e semaine ;– un effet maximal parfois seulement après 8 à 12 semaines, surtout dans les troubles anxieux chroniques.

À 5 mg, cette dynamique est globalement similaire à celle observée à 10 mg, mais l’ampleur de l’effet peut être moindre chez les patients présentant des symptômes intenses. C’est pourquoi il est important de ne pas conclure trop vite à l’inefficacité du traitement : tant que la dose reste à 5 mg, l’objectif est souvent de construire une tolérance et de préparer une montée progressive, plutôt que d’obtenir d’emblée la rémission complète.

Stratégies d’ajustement posologique du seroplex

Augmentation progressive de 5 mg à 10 mg selon la réponse clinique

L’ajustement posologique du Seroplex repose sur un principe simple : augmenter lentement, uniquement si nécessaire, en fonction de la réponse clinique et de la tolérance. Après 2 à 4 semaines de traitement à 5 mg, plusieurs scénarios sont possibles :

– amélioration nette et suffisante des symptômes : on maintient 5 mg, en poursuivant la surveillance ;– amélioration partielle mais insuffisante : on discute une augmentation à 10 mg ;– absence d’amélioration ou aggravation nette : on réévalue le diagnostic, l’observance et les comorbidités.

Lorsque l’augmentation à 10 mg est décidée, il est souvent judicieux de procéder par paliers intermédiaires (par exemple 7,5 mg via forme gouttes) chez les patients très anxieux ou ayant mal toléré le début de traitement. Cette titration en « petites marches » permet au système nerveux central de s’adapter progressivement, limitant le risque de recrudescence d’angoisse, de tremblements ou de troubles digestifs.

Critères de titration basés sur l’échelle CGI-I et CGI-S

Outre les échelles HAM-A et HAM-D, les cliniciens ont recours à des outils plus globaux comme les échelles CGI-S (Clinical Global Impression – Severity) et CGI-I (Clinical Global Impression – Improvement). Ces échelles, rapides à administrer, aident à objectiver la sévérité du trouble et l’évolution sous traitement.

En pratique, la titration du Seroplex peut s’appuyer sur les critères suivants :

– CGI-S ≥ 5 (trouble marqué à extrêmement sévère) malgré 4 semaines à 5 mg : indication forte à augmenter la dose ;– CGI-I ≤ 2 (amélioration « beaucoup » ou « énormément ») à 5 mg : maintien de la dose actuelle ;– CGI-I de 3 (amélioration minimale) avec bonne tolérance : augmentation progressive à 10 mg à envisager.

Ces échelles complètent l’évaluation subjective du patient, qui peut parfois sous-estimer ou surestimer ses progrès en fonction de son état émotionnel du moment. Elles permettent également d’harmoniser les décisions thérapeutiques entre médecins traitants et psychiatres, surtout lorsque le suivi est partagé.

Gestion des patients non-répondeurs et switch thérapeutique

Malgré une titration correcte et un délai d’essai suffisant (généralement 6 à 8 semaines à dose thérapeutique), une fraction de patients reste non-répondeuse au Seroplex. Que faire dans ces situations ? La première étape consiste à vérifier :

– l’observance réelle (prises quotidiennes, horaires réguliers) ;– la présence de facteurs de résistance (consommation d’alcool, drogues, stress chronique majeur, troubles de la personnalité) ;– l’existence d’un trouble bipolaire méconnu, d’un trouble psychotique ou d’une pathologie somatique (hypothyroïdie, carence en B12, etc.).

Si ces éléments ont été explorés et corrigés, plusieurs options s’offrent au clinicien :

– augmenter la dose au-delà de 10 mg (jusqu’à 15 ou 20 mg), sous surveillance, si la tolérance le permet ;– opter pour un switch vers un autre ISRS (sertraline, paroxétine) ou un IRSNa (venlafaxine, duloxétine) ;– envisager une association thérapeutique (par exemple ISRS + mirtazapine) sous contrôle spécialisé.

Le changement de molécule doit toujours être planifié pour limiter le risque de syndrome sérotoninergique ou de sevrage croisé. Dans de nombreux cas, le Seroplex 5 mg reste utile comme dose de transition lors du recroisement (cross-tapering) entre deux antidépresseurs.

Adaptation posologique chez les personnes âgées et insuffisants hépatiques

Chez les sujets de plus de 65 ans, la pharmacocinétique de l’escitalopram est modifiée : la demi-vie s’allonge et l’exposition globale (AUC) augmente d’environ 50 %. De ce fait, les recommandations officielles préconisent une posologie maximale de 10 mg par jour dans cette population, avec une dose initiale de 5 mg. Dans la pratique, beaucoup de personnes âgées restent à 5 mg sur le long terme avec un bénéfice clinique satisfaisant sur l’anxiété et le sommeil, et un risque moindre de chute ou de confusion que sous benzodiazépines.

En cas d’insuffisance hépatique légère à modérée, la même prudence s’impose : on commence à 5 mg et l’on augmente éventuellement à 10 mg après plusieurs semaines, en surveillant la tolérance (fatigue excessive, nausées persistantes, anomalies du bilan hépatique). En insuffisance hépatique sévère, la décision d’utiliser l’escitalopram doit être soigneusement pesée, et la dose de 5 mg peut représenter la limite maximale à ne pas dépasser sans avis spécialisé et contrôle biologique régulier.

Interactions médicamenteuses et précautions d’emploi du seroplex

Comme tout ISRS, le Seroplex 5 mg peut interagir avec d’autres médicaments par voie pharmacodynamique (effet sur la sérotonine, la coagulation, le rythme cardiaque) ou pharmacocinétique (partage de voies métaboliques hépatiques). Même à faible dose, ces interactions doivent être anticipées pour garantir la sécurité du traitement.

Les combinaisons à risque élevé sont principalement :

– les IMAO (moclobémide, sélégiline, linézolide) et les autres médicaments très sérotoninergiques (triptans, tramadol, millepertuis) : risque de syndrome sérotoninergique ;– les médicaments allongeant l’intervalle QT (certains antiarythmiques, antipsychotiques, macrolides, antihistaminiques) : risque d’arythmie ventriculaire ;– les anticoagulants oraux, les AINS et l’aspirine : risque majoré de saignements digestifs ou cutanés.

Sur le plan pharmacocinétique, les inhibiteurs du CYP2C19 (oméprazole, ésoméprazole, fluvoxamine, fluconazole, ticlopidine) peuvent augmenter les concentrations d’escitalopram, même à 5 mg, ce qui justifie parfois de ne pas dépasser cette dose chez les patients polymédiqués. À l’inverse, certains inducteurs enzymatiques (millepertuis, carbamazépine, rifampicine) peuvent diminuer l’efficacité du Seroplex, en réduisant ses concentrations plasmatiques.

Il est donc essentiel de signaler à votre médecin tous les traitements en cours, y compris les plantes et compléments alimentaires. De manière générale, on évitera :

– de consommer de l’alcool de façon excessive, qui peut potentialiser la sédation et aggraver l’anxiété ;– d’associer plusieurs antidépresseurs sérotoninergiques sans suivi spécialisé ;– d’interrompre brutalement un médicament cardiaque ou un anticoagulant lors de l’introduction de l’escitalopram sans concertation médicale.

Sevrage et arrêt progressif du traitement par escitalopram 5 mg

Contrairement aux benzodiazépines, l’escitalopram ne provoque pas de dépendance au sens strict. Cependant, l’arrêt brutal, même à partir d’une dose de 5 mg, peut déclencher un syndrome de sevrage désagréable : sensations de « décharges électriques » dans la tête, vertiges, irritabilité, troubles du sommeil, anxiété de rebond, symptômes pseudo-grippaux. Ces manifestations sont la conséquence d’une adaptation brusque du système sérotoninergique, plutôt que d’un phénomène d’addiction.

Pour minimiser ce risque, les recommandations internationales préconisent un arrêt progressif. Après une phase de stabilisation clinique d’au moins 6 mois (et parfois 12 mois ou plus en cas de trouble anxieux chronique), on peut envisager :

– de passer de 10 mg à 5 mg pendant 4 à 8 semaines ;– puis de réduire de 5 mg à 2,5 mg (via la forme gouttes) pendant 4 à 6 semaines supplémentaires ;– enfin, d’espacer les prises (un jour sur deux, puis un jour sur trois) avant l’arrêt complet.

Chez certains patients particulièrement sensibles, le sevrage doit être encore plus lent, avec des diminutions de 10 à 25 % de la dose tous les mois. Il n’est pas rare que la phase de sevrage dure plusieurs mois, voire un an, surtout après des années de traitement. L’objectif n’est pas d’aller vite, mais de préserver la qualité de vie et d’éviter les rechutes.

Un point clé à garder en tête : l’arrêt de Seroplex 5 mg doit idéalement s’inscrire dans un projet thérapeutique global, incluant un suivi psychothérapeutique, des ajustements de mode de vie (sommeil, activité physique, gestion du stress) et un accompagnement médical régulier. En cas de réapparition d’une anxiété intense, d’idées noires ou de symptômes somatiques très marqués pendant le sevrage, il est impératif de recontacter le prescripteur. Dans certains cas, il sera nécessaire de remonter légèrement la dose et de reprendre le processus de manière encore plus progressive.